En bref. Le taux de 80 % de MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur concerne uniquement les ménages aux ressources très modestes. Il faut un logement classé E, F ou G au DPE, un gain d'au moins deux classes après travaux, au moins deux postes traitant l'enveloppe du bâtiment, et un accompagnement obligatoire par un Mon Accompagnateur Rénov'. Le taux porte sur une assiette de 30 000 à 40 000 € HT, jamais sur la facture entière.
D'où vient le chiffre de 80 % ?
Le taux de 80 % existe bel et bien dans le dispositif MaPrimeRénov', mais il ne s'applique qu'à une seule voie de financement : la rénovation d'ampleur. C'est la voie par laquelle l'isolation reste financée depuis la réforme du 1er septembre 2026, qui a retiré l'isolation, la ventilation et plusieurs équipements du parcours par geste.
L'aide est calculée en pourcentage du montant hors taxes des travaux, et ce pourcentage dépend de la catégorie de ressources du ménage : 80 % pour les ressources très modestes, 60 % pour les modestes, 45 % pour les intermédiaires, 10 % pour les ressources supérieures. Voir votre tranche exacte suppose de connaître votre catégorie de ressources, disponible via un simulateur ou un dossier déposé sur france-renov.gouv.fr.
Sur quel montant ce pourcentage est-il calculé ?
Le taux ne s'applique jamais à la facture entière. L'assiette retenue va de 30 000 € à 40 000 € HT selon l'ampleur du projet. C'est cette base, plafonnée, qui est multipliée par le taux correspondant à votre catégorie de ressources — pas le montant total des travaux engagés.
Un ménage très modeste dont le projet dépasse largement cette assiette ne touchera donc pas 80 % de la facture réelle, mais 80 % du plafond retenu.
Quelle étiquette énergétique de départ est exigée ?
Le logement doit être classé E, F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) avant travaux. Un logement déjà classé D ou mieux n'entre pas dans ce dispositif de rénovation d'ampleur.
Deuxième condition, indissociable de la première : les travaux doivent permettre un gain d'au moins deux classes énergétiques après réalisation. Un projet qui améliore le logement sans franchir ce seuil de deux classes ne remplit pas la condition, même si le logement partait d'une étiquette E, F ou G.
Quels travaux sont réellement exigés ?
Le dossier doit comporter au moins deux postes de travaux traitant l'enveloppe du bâtiment. Ces postes sont limitativement listés : isolation des murs (par l'intérieur ou par l'extérieur), isolation des planchers bas, isolation de la toiture ou des combles perdus ou de la toiture-terrasse, et remplacement des fenêtres et portes-fenêtres.
Le remplacement des menuiseries compte parmi ces deux postes, alors que ce n'est pas un poste d'isolation au sens strict du terme. Un dossier qui combine par exemple l'isolation de la toiture et le remplacement des fenêtres remplit donc cette condition, même sans un deuxième poste d'isolation à proprement parler.
Depuis le 1er septembre 2026, une restriction supplémentaire s'applique en maison individuelle : l'aide ne peut plus être accordée si un chauffage au gaz est conservé après travaux.
Pourquoi un accompagnateur est-il obligatoire ?
La rénovation d'ampleur impose le recours à un Mon Accompagnateur Rénov', qui suit le dossier du diagnostic jusqu'à la réception des travaux. Cette prestation est prise en charge jusqu'à 2 000 € TTC.
Cet accompagnement n'est pas une option facultative pour sécuriser le dossier : c'est une condition d'octroi de l'aide, au même titre que l'étiquette de départ ou le gain de classes.
Peut-on cumuler cette aide avec d'autres dispositifs ?
Non. La rénovation d'ampleur n'est pas cumulable avec les certificats d'économie d'énergie (CEE). C'est une différence importante avec le parcours par geste, où le cumul MaPrimeRénov' et CEE reste possible sous plafond.
Cette règle de non-cumul doit être intégrée dès le montage du projet, puisqu'elle conditionne le choix entre les deux voies de financement disponibles.
Le taux affiché est-il garanti d'avance ?
Non. L'enveloppe MaPrimeRénov' 2026 est fermée à hauteur de 3,6 milliards d'euros, prévue pour au moins 120 000 rénovations d'ampleur et 150 000 rénovations par geste. Le guichet a déjà connu deux suspensions. Aucun montant ni aucune obtention d'aide ne peut être considéré comme acquis avant décision effective.
Le taux de 80 % reste donc une hypothèse de calcul, valable uniquement si toutes les conditions décrites ci-dessus sont réunies et si le dossier est traité dans le cadre de l'enveloppe disponible.
Questions fréquentes
Un logement classé D peut-il bénéficier du taux de 80 % ?
Non. La rénovation d'ampleur exige un logement classé E, F ou G au DPE avant travaux. Un logement déjà classé D ou mieux n'entre pas dans ce dispositif, quelle que soit la catégorie de ressources du ménage.
Le remplacement des fenêtres compte-t-il comme poste d'isolation ?
Il compte comme l'un des deux postes exigés traitant l'enveloppe du bâtiment, aux côtés de l'isolation des murs, des planchers bas ou de la toiture. Ce n'est pas un poste d'isolation au sens strict, mais il est bien inclus dans la liste retenue pour cette condition.
Peut-on cumuler la rénovation d'ampleur avec les CEE ?
Non, ce cumul n'est pas autorisé. La rénovation d'ampleur suit une logique différente du parcours par geste, où le cumul MaPrimeRénov' et CEE reste possible sous un plafond d'écrêtement.
L'accompagnateur Rénov' est-il payant ?
La prestation d'un Mon Accompagnateur Rénov' est prise en charge jusqu'à 2 000 € TTC. Son intervention est une condition obligatoire du dossier de rénovation d'ampleur, pas une option.
Le taux de 80 % s'applique-t-il à toute la facture ?
Non. Il s'applique à une assiette plafonnée, comprise entre 30 000 € et 40 000 € HT selon l'ampleur du projet, et non au montant total réellement dépensé si celui-ci dépasse ce plafond.
Sources
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